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Persepolis : l’Iran vu par Marjane Satrapi

Publié par Mehdi from Agadir • Le 8 avril 2008 • Dans la catégorie : My Japanimes

Persepolis faisait partie des nominés à l’Oscar du Meilleur Film d’Animation en 2007, aux côtés de Ratatouille et Les Rois de la Glisse. En grande partie animé en noir et blanc, ou plutôt en noir sur fond blanc (très rarement le contraire), le long métrage de 95 minutes est une adaptation de la bande dessinée éponyme de Marjane Satrapi.
Le film a entre autres fait partie de la Sélection Officielle du Festival de Cannes 2007 et y a remporté le Prix du Jury.

Persepolis (Affiche)

Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud collaborent sur l’écriture du scénario ainsi que sur la réalisation de ce dessin animé franco-iranien qui a été interdit en mois de mars au Liban et très critiqué en Iran. Le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad l’a qualifié ouvertement d’“anti-iranien” et d’“islamophobe”, dénonçant ainsi sa description erronée de la Révolution Islamique. Une version censurée a toutefois été diffusée dans le pays.

Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Persépolis est une biopic de Marjane Satrapi, une illustratrice, scénariste, réalisatrice et auteur de bandes dessinées française d’origine iranienne, né en 1969 dans une famille musulmane progressiste et instruite de Téhéran.

Elle vit son enfance en Iran, son adolescence en Autriche, ses années universitaires à Téhéran, avant de s’installer en France pour y étudier les arts décoratifs. Ses premiers albums rencontrent un vif succès public et critique, sûrement grâce à ses répliques épicées, écrites dans un langage populaire flirtant avec la vulgarité. Elle s’en donne donc à cœur joie et dépeint une société iranienne ballottée entre un Shah tsariste, des communistes utopiques, des révolutionnaires islamistes répressifs… Elle se remémore aussi l’arrivée au pouvoir du père du Shah, la Révolution Islamique et ses faux espoirs, la guerre contre l’Irak, les bombes larguées sur la capital, le million de morts…

Je tiens juste à préciser que personnellement, je ne mène aucun combat religieux et je n’ai aucun parti pris envers tel ou tel système religieux. Mes convictions de musulman sunnite n’interfèrent que très rarement dans mes choix cinématographiques, mais Persepolis est un petit bijoux. Une sonnette d’alarme pour crier à la dégradation d’un régime, voué comme tout radicalisme à la récession.

Persépolis est donc le film autobiographique d’une femme qui a toujours défendu ses idées avec sa langue bien pendue et son acharnement. Une femme égarée entre une Europe dont elle ne peut décidemment pas faire partie, culturellement parlant bien sûr, et une République Islamique d’Iran qui ne saurait tolérer ses écarts de pensée.

Persepolis (Extrait 01)

Marjane Satrapi ne prétend pas détenir LA vraie histoire de l’Iran, mais sa vision subjective et engagée montre un point de vue intéressant sur une société et une culture finalement trop peu connues.

Persepolis (Extrait 02)

Le film m’a énormément marqué, au moins autant que Princesse Mononoké à son premier visionnage, ou Platoon d’Oliver Stone… Les grands yeux noirs de Marji, son grain de beauté sur le nez et ses dialogues avec sa grand-mère sont autant de détails qui restent gravés dans la mémoire du spectateur.

Persepolis (Extrait 03)

Et parmi les scènes d’anthologie, la petite Marjane qui porte un blouson “Punk is not Ded” et qui achète clandestinement une cassette des Iron Maiden ; ou la réplique de la grand-mère à la sortie du cinéma après avoir regardé Godzilla.

Un film à voir absolument !


Crédits Photos :
Allocine.fr

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Mehdi from Agadir en quelques mots : Mehdi Reghai, 23 ans, marocain, passionné, chroniqueur amateur et blogueur !
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5 Commentaires »

  1. Si je n’ai pas vu le film (mais nombre de mes amis qui l’ont vu partagent ton avis positif), j’ai été emballé par les deux premiers tomes de la BD (éditée en France par L’Association). Les 2 derniers m’ont un petit peu moins plu, car on y perdait la vision de l’intérieur que Marjane pouvait avoir sur l’Iran pour y parler de son expérience d’adolescente expatriée en Europe.

    Bon, ça se confirme : il me faut voir le film.

  2. >>>> Jérôme, je m’excuse pour ma réponse tardive, j’ai subi les aléas de mon filtre spam, mais bon, comme tu le dis si bien, il faut absolument voir le film. Satrapi fait danser les étoiles, joue aux marionnettes perses et fait pleuvoir du jasmin dans des contextes aussi durs que la guerre, l’intégrisme et la répression.

  3. Mehdi, je partage ta passion pour ce film et les autres oeuvres de Mlle. Satrapi…Faut que tu lises (si tu ne l’as pas encore) “Poulet aux prunes” c’est une de ses bedes trop biens -encore un “conte” de sa famille tres unique. Moi je veux vraiment voir ce film, et encore plus apres avoir lu ton review. PS: Ne penses-tu que ces deux femmes de “fashion police” en bas paraissent comme des corbeaux malveillantes?

  4. Lalla Lydia, je connais “Poulet aux prunes” mais je n’ai malheureusement pas encore eu la chance de le lire. Là tu m’encourage à me jeter dessus à la première occasion :)

    Pour les corbeaux d’en haut, ne t’inquiète surtout pas pour la petite Marjane, elle plus d’un tour dans son sac !

  5. je confirme pour poulet au prunes c’est la BD par laquelle j’ai connus Satrapi et elle est effectivement très bonne, alors Mehdi bonne recherche :)

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