Drive
Drive est la preuve vivante qu’avec très peu de moyens, de bons interprètes, une réalisation esthétisée et une bande son mémorable, il est encore possible de faire des chefs-d’œuvre de cinéma noir capables de surprendre même les spectateurs les plus blasés.
Ryan Goslin campe avec brio le rôle d’un mécanicien et pilote-cascadeur le jour, conducteur de convois pour le compte de la pègre de Los Angeles la nuit, jouant sur des notes de joie, de mélancolie, d’extrême violence et d’héroïsme.
Taciturne, discret et très peu bavard, celui dont on ne connaitra jamais le nom tombe sous le charme de sa voisine, une mère-célibataire qui le verra se transformer subitement en un monstre-justicier. Le film se joue sur cette dualité, cet assemblage d’opposé : amour-violence, plaisir-douleur, bonheur-tristesse, héroïsme-crime, justice-injustice, etc.
Le film a recours à un jeu d’éclairage et de couleurs unique, aussi parlant que le scenario ou la musique. Structuré comme un conte, les différents personnages occupent chacun un rôle prédéfini comme la princesse, le grand méchant ou le valeureux chevalier.
Drive emprunte certains éléments typiques à la réalisation théâtrale, avec une succession de « scènes » offrant des ambiances et des décors totalement différents les uns des autres, comme la scène de l’ascenseur avec l’un des baisers les plus épiques de l’histoire du cinéma, celle du club de striptease haletante et traumatisante, ou les courses-poursuites extrêmement immersives.
La violence est un élément prédominant dans le film, gage d’une réalisation sans concession et en opposition avec les polars édulcorés destinés à un plus large public. Nicolas Winding Refn (Pusher, Valhalla Rising, Bronson) honore donc le roman éponyme de James Sallis avec une adaptation merveilleuse, et ne rate absolument pas son casting en réunissant Ryan Gosling (The Ides of March, The Notebook, Crazy, Stupid, Love, Blue Valentine, All Good Things), Carey Mulligan (Shame, Never Let Me Go), Bryan Cranston (Breaking Bad), Christina Hendricks (Mad Men), Ron Perlman (Hellboy, Sons of Anarchy) et Oscar Isaac (Sucker Punch, Body of Lies, Che).
Un grand moment cinéma et d’ores et déjà un classique qui a marqué à Cannes, aux Oscars, aux Golden Globes, aux BAFTA, aux Satellite Awards… sans ménager le public et la presse !



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