Animetheque : Trinity Blood
Publié par Mehdi Reghai • Le 20 octobre 2008 • Dans la catégorie : Manga & JapanimesAvant de faire l’objet d’une adaptation en série animée de 24 épisodes signée par le Studio Gonzo et réalisée par Tomohiro Hirata en 2005, Trinity Blood était à l’origine une série de romans écrits par Sunao Yoshida et Kentaro Yasui et illustrés par Shibamoto Thores, suivie d’une première adaptation en Manga de Kiyo Kujo.

L’approche très innovante revoit le mythe des vampires et place l’histoire dans un contexte post apocalyptique. Les décors rétro-futuristes créent un anachronisme agréable pour les yeux avec des armures médiévales robotisées, des confessionnaux d’avant-garde et des vampires venus de l’espace à bord de vaisseaux interstellaires.
L’animation respecte les convenances du haut standing auquel nous a habitué le Studio Gonzo et suit les pas de Shibamoto Thores. Les personnages sont donc de toute beauté, parfois même de manière exagérée. Je défie celui qui ne deviendrait pas moine s’il devait côtoyer au quotidien de si jolies religieuses ! Et les pères n’ont pas été mis à l’écart avec des hommes de foi aux gros bras velus, aux larges épaules et aux torses rebondis ! L’église catholique n’est décidemment plus ce qu’elle était.
Malgré cette maîtrise visuelle indéniable, le Chara Design est loin d’être exceptionnel avec des personnages plats et peu originaux. Leurs arrières plans historiques créés en utilisant les noms et parfois les particularités de certaines personnalités ayant réellement existé (Compte de Medici, Catherine Sforza, William Wordsworth, Vaclav Havel…) ne suffisent pas à les rendre attachants à deux exceptions près, Frère Petros et Hugh « Dancing Sword ».
Le scénario de la série qui peine sur une vingtaine d’épisodes et finit par décevoir magistralement ne se défend malheureusement pas mieux. Cet « effet ballon de baudruche » pénalise un projet qui avait pourtant l’étoffe d’un culte si les concepteurs ne s’étaient pas débrouillés pour n’en sortir qu’une version pâle et fade.

Pour le synopsis, sachez que l’histoire (adaptation du deuxième arc seulement : Reborn on The Mars) se déroule 500 ans après l’Armageddon, sinistre événement qui a ravagé en grande partie la Terre et qui a réduit à néant l’existence de quelques milliards d’humains. Durant cette période de grande désolation débarque une race extraterrestre très proches des vampires avec pour objectif assoir sa suprématie sur les Hommes (ou Terrans). Ces assaillants se font appeler Mathusalems et seront dès lors combattus par l’Eglise Catholique jusqu’à ce qu’une paix fragile soit décrétée entre les deux camps.
Le Vatican créé pour le maintien de l’équilibre entre les deux puissances une armée de robots issus de la Lost Technologie (la notre actuellement), et une unité d’élite, l’AX, constituée de prêtres formés au combat et disposant de pouvoirs plus ou moins surnaturels, ainsi que du Père Abel Nightroad qui cache sous sa mimique d’empoté le costume d’un Krusnik, « arme » suprême ne nourrissant du sang de vampires.
L’histoire est bourrée de références historiques, littéraires (avec un épisode qui revient sur Peter Pan) et religieuses en reprenant à maintes reprises sur les rapports qu’entretenaient les deux fils d’Adam, Caïn et Abel (dans le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam). Toutes ces qualités ne parviennent pas à estomper la frustration d’avoir tant de difficultés à renouveler un genre qui a du mal à se détacher de ses modèles Princess Myu, Hellsing et Blood The Last Vampire.
Mehdi Reghai en quelques mots : Mehdi Reghai, responsable de publications et communication au sein de Synergie Media, Agence Interactive établie à Agadir au Maroc. Passionné de Web, de Culture asiatique et de Cinéma.
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